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Etude de specialite difficultes dans les procedes de traduction dans une langue etrangere
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Joi, 08 Februarie 2018 21:13

ÉTUDE DE SPÉCIALITÉ - DIFFICULTÉS DANS LES PROCÉDÉS DE TRADUCTION DANS UNE LANGUE ÉTRANGÈRE

prof. Drăgian Ana-Elena

Colegiul Tehnic ,,Constantin Brâncuşi’’ Oradea

Les procédés de traduction[1] présentent un intérêt fondamental. Les procédés de traduction constituent un des outils pour l’appréhension du sens du texte de départ et le moyen par lequel le traducteur réexprime ce sens dans la langue d’arrivée en tenant compte du destinataire et de la fonction que ce texte aura dans la culture réceptrice. La connaissance et la maîtrise des procédés de traduction permettent au traducteur d’utiliser au maximum les ressources de la langue d’arrivée et de garantir à son client des résultats conformes aux attentes de celui-ci. La proposition précédente sous-entend que certains procédés de traduction conviennent mieux que d’autres à une traduction.

Les procédés de traduction sont généralement classés en deux groupes : les procédés de traduction directe (littérale) et les procédés de traduction oblique (non littérale). Les procédés de traduction directe sont utilisés dans des passages où la langue de départ et la langue d’arrivée partagent des catégories parallèles sur le plan de la structure ou sur le plan conceptuel. De ce fait, le message de départ se transpose facilement dans la langue d’arrivée. Les procédés de traduction oblique, quant à eux, sont nécessaires lorsque la langue de départ et la langue d’arrivée ne partagent pas d’élément sur le plan structural ou sur le plan conceptuel - ce que Vinay et Darbelnet appellent parallélisme structural et parallélisme métalinguistique. Comme l’indique Didier, les procédés de ce deuxième groupe servent à remplacer, à divers degrés, des parties du discourse.[2]

Ce classement marque l’orientation que le traducteur peut donner à sa traduction. Les procédés de traduction directe, engendrent des textes orientés vers la langue et la culture de départ, alors que les procédés de traduction oblique permettent de produire des textes orientés vers la langue et la culture d’arrivée.

Vinay et Darbelnet proposent sept procédés de traduction pour la traduction générale. Vieillis et souvent contestés, ces procédés constituent, même de nos jours, une sorte de cadre méthodologique convenant, quant au fond, à presque n’importe quelle combinaison de langues - les langues principales du monde occidental du moins. Dans un ordre de difficulté croissant, ces procédés sont : l’emprunt, le calque, la traduction littérale, la transposition (incluant le chassé-croisé), la modulation, l’équivalence et l’adaptation. L’ordre de difficulté est établi selon qu’il s’agit de procédés de traduction directe ou oblique.

Sur ce point, Gémar soutient que les principes qui régissent la traduction juridique sont les mêmes que ceux qui régissent la traduction générale, que les mécanismes y jouent le même rôle et que, quel que soit le type de texte à traduire, l’objectif est toujours de faire passer un message de manière à ce qu’il soit compris par le destinataire. Il rappelle toutefois que, sur le plan du fond, la traduction juridique s’écarte des méthodes techniques et des préoccupations des autres formes de traduction et constitue « une discipline à part entière, originale par son objet, très complexe par la diversité des données et la grande variété des domaines qu’elle regroupe »[3]

L’emprunt est considéré comme le plus simple de tous les procédés de traduction. Il peut être lexical, syntaxique ou sémantique.

L’emprunt lexical est le plus facile à reconnaître. Comme son nom l’indique, il consiste à emprunter ou à utiliser, dans la langue d’arrivée, un terme qui est étranger à celle-ci.

L’emprunt syntaxique est aussi facile à reconnaître. Il s’agit en fait d’une forme syntaxique propre à une langue étrangère. Didier donne un exemple d’expression parfois utilisée au Québec : la personne que je sors avec, au lieu de la personne avec laquelle je sors.

L’emprunt sémantique, quant à lui, consiste à attribuer un nouveau sens à un mot existant déjà dans une langue. Dans le contexte des groupes spéciaux binationaux de l’ALENA, le terme espagnol panel , qui désigne un panneau de bois, ou autres matériaux, a reçu le sens du mot anglais panel qui désigne un groupe d’individus réunis à une fin précise.

L’emprunt est un procédé auquel on recourt d’habitude pour transplanter en LC un terme de la LB pour lequel il n’y a pas d’équivalent. L’emprunt a toujours existé dans toutes les communautés linguistiques pour combler une lacune lexicale. Dans d’autres cas l’emprunt ne correspond pas à une nécessité, le traducteur disposant d’une terme approprié dans sa propre langue.

La traduction directe se présente sous la forme d’une ressemblance phonématique dans le cas de l’emprunt direct. C’est un procédé auquel le traducteur fait appel si un terme équivalent, qui recouvre d’une manière exacte la réalité évoquée n’existe pas dans la langue cible ou si le traducteur veut replacer le texte d’arrivée dans le contexte caractéristique du texte de départ.

La traduction littérale est un procédé direct de traduction, fondé sur une traduction mot-à-mot, procédé assez courant dans la pratique traduisante,auquel on recourt toutes les fois que le système grammatical des deux langues n’impose pas des restrictions particulières.

Le mécanisme sur lequel est fondé ce type de traduction est«le transfert terme à terme de la phrase de départ qui résulte d’une convergence lexico-grammaticale :hétéronymie directe, règles d’angencement identiques, ordre séquentiel des hétéronymes identiques»(Cristea,1998 :113)

La traduction littérale, que Gémar appelle équivalence formelle, est la réexpression mot à mot du texte de départ dans la langue d’arrivée. Par ce procédé, le traducteur ne doit se soucier que des servitudes linguistiques. Les versions obtenues littéralement peuvent être acceptables ou inacceptables. Vinay et Darbelnet précisent que la traduction littérale est acceptable lorsqu’elle permet de produire un texte correct et idiomatique. Ils la qualifient d’inacceptable lorsque son utilisation produit un texte qui n’a pas de sens ou qui en modifie le sens, qui a une structure étrangère à celle de la langue d’arrivée, qui ne correspond à rien dans la langue d’arrivée ou qui correspond à quelque chose ayant un autre niveau de langue.

La traduction mot à mot, ou transcodage, peut se faire seulement dans le cas où les termes ont la même signification, que ce soit sur le plan de la langue ou sur le plan du discours. Les termes pouvant être transcodés sont des termes qui ont des équivalences permanentes, telles les chiffres, lorsqu’ils désignent des quantités, les noms propres et les termes techniques. Lorsque le transcodage n’est pas possible, il faut chercher d’autres moyens. Nous l’avons vu précédemment, Seleskovitch et Lederer adhèrent à la démarche interprétative du sens du texte. Cela veut dire qu’elles perçoivent la traduction comme une démarche par laquelle le traducteur cherche à rendre l’esprit plutôt que la lettre du texte de départ. En fait, elles rappellent que faire du mot à mot est une expression péjorative de nos jours.[4]

Tout comme Seleskovitch et Lederer, Gémar admet que la traduction littérale est possible lorsqu’il y a correspondance mot à mot dans les deux langues en présence. Mais il signale aussi que la traduction littérale peut donner des résultats qui sont acceptables, quoi que limités. Le problème de la traduction littérale, ajoute-il, est qu’elle réunit « à la fois les défauts du mot à mot, ceux du calque et de l’emprunt, et cela à plusieurs niveaux : syntaxique (structure de la phrase), stylistique (agencement des mots), lexical (calque des mots). Il rappelle une grande vérité, soit la tentation permanente chez le traducteur de traduire littéralement; une tendance à laquelle il faut résister en raison des défauts précités.

Tout traducteur sait par expérience que son choix est hypothéqué par de multiples facteurs et que ses initiatives sont vouées à l’échec si elles ne répondent pas à une double exigence : ne pas trahir l’intention, explicite ou implicite, du texte de départ et se soumettre aux mille contraintes qui, dans la langue d’arrivée, sont dues à un enchevêtrement de la langue et de la culture. La nécessité s’impose donc que le traducteur dispose de deux types de compétences : linguistiques et périlinguistiques.Il ne suffit pas d’être bilingue pour être traducteur.La connaissance des choses est indispensable. (D. Moskovitz)

On peut donc conclure que toute traduction suppose une analyse du texte de départ,actuel ou virtuel,une stratégie conduisant à une répartition des charges sémantico-pragmatiques sur des unités de la langue cible et une finalité qui n’est autre chose que l’expression linguistique d’une signification symétrique de celle réalisée en langue de départ.

Bibliographie:

Emmanuel Didier, Langues et langages du droit, 1990, p. 250

Jéan-Claude Gémar, La traduction juridique et son enesignement: aspécts théoriques et pratiques,1979, p. 37

Danica Seleskovitch et Marianne Lederer, Interpreter pour traduire, 1986, p. 26

J.P. Vinay et J Darbelnet, Stylistique comparée du français et de l’anglais



[1] Les procédés de traduction analysés ici sont ceux que J.P. Vinay et J Darbelnet analysent dans leur ouvrage Stylistique comparée du français et de l’anglais,bien que d’autres théoriciens soient mentionnés aussi..

[2] Emmanuel Didier, Langues et langages du droit,1990,p250

[3] Jéan-Claude Gémar,La traduction juridique et son enesignement :aspécts théoriques et pratiques,1979 ,p37

[4] Danica Seleskovitch et Marianne Lederer, Interpreter pour traduire,1986,p. 26

 

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